Le vitrail : La technique au plomb, cuivre étain
Cet art majeur des bâtisseurs de cathédrales, tombé en désuétude, puis redécouvert au début du xxe siècle, attire aujourd’hui ceux qui découvrent les effets très décoratifs qu’il permet, pour un investissement modeste.
Des techniques modernisées
Le renouveau du vitrail tient aux simplifications de mise en œuvre apportées par les vitriers et par les fileurs de plomb, qui mettent cet art à la portée de l’amateur.
La technique au plomb
Venue en droite ligne des maîtres verriers du Moyen Âge, la technique du vitrail au plomb est considérée par les puristes comme la seule authentique.
Les matériaux nécessaires sont à vrai dire sommaires : des profilés en plomb laminé, appelés "caniveaux", et du verre coloré, auxquels il faut ajouter l’étain et le décapant pour les soudures.
- Les caniveaux sont des fils de plomb laminés avec une section en "H", ayant une largeur (soit l’épaisseur du plomb monté dans le vitrail) de 3 ou 4 mm et une "aile" (la hauteur du H, qui correspond à la largeur du trait de plomb entre deux verres) de 6 mm.
- Le verre coloré est proposé le plus souvent en carreaux de 15 cm x 15 cm, en 2 ou 3 mm d’épaisseur, dans un ensemble de nuances très complet, et sous trois qualités : l"uni" est un verre classique parfaitement plat et foncé ; l"antique" est un verre à surface striée et comportant des bulles dans l’épaisseur ; le "nouvel antique" est simplement strié en surface.
L’outillage indispensable est également assez réduit, ce qui met cet art à la portée de tous les amateurs.
- Les trois principaux outils sont : un coupe verre, un cutter et un fer à souder d’électricien.
- Des ingrédients supplémentaires sont toutefois indispensables pour travailler dans de bonnes conditions : du bristol pour réaliser les gabarits des pièces en verre ; un crayon très gras pour reporter les tracés sur le verre ; de l’étain à souder et un bâton de décapant pour l’assemblage des plombs ; du blanc de Meudon, de l’huile de lin et du siccatif pour confectionner le mastic d’étanchéité spécial pour vitrail.
Le dessin doit rester simple, surtout si vous débutez dans cette technique.
- Evitez les excès d’arrondis et d’angles aigus, ainsi que la multiplicité des teintes.
- Répartissez les couleurs et les contours des pièces composant le dessin sur une maquette exécutée sur papier, à échelle réduite si vous entamez un ouvrage dépassant le format A 4.
- Découpez les fonds importants en sections de nuances voisines et de tailles équivalentes (toujours inférieures à celles des verres colorés de base).
- Tracez le gabarit à partir de ce dessin, sur un carton fort, puis découpez le afin d’avoir un gabarit pour chaque pièce.
- Reconstituez le puzzle des gabarits sur une planche pour avoir une vue d’ensemble du vitrail fini.
L’assemblage du vitrail s’effectue en insérant chaque pièce découpée dans le verre à l’intérieur des ailes en H du caniveau de plomb.
- Découpez les pièces une par une, en les numérotant comme le gabarit.
- Assemblez les pièces sur une planche, où vous pourrez les maintenir par de petites pointes, au fur et à mesure de la progression.
- Commencez par le milieu du dessin et avancez vers les bords. Tassez bien chaque nouvelle pièce au fond des caniveaux qui la réunissent à ses voisines.
- Posez un point de soudure aux intersections des plombs.
- Finissez les soudures quand le vitrail est terminé, avant de le retirer de la planche sur laquelle il a été assemblé.
La technique cuivre étain
Cette méthode est mieux adaptée à la réalisation de pièces ayant des formes en volume, comme un abat jour ou une lampe.
L’assemblage des verres s’effectue par des bandes de cuivre autocollantes, serties autour de chaque pièce découpée dans le verre.
- Les pièces adjacentes sont soudées à l’étain, après décapage du cuivre qui les sertit.
- Pour imiter l’aspect du plomb, passez sur les joints étamés une patine liquide, au moyen d’une vieille brosse à dents.