Encadrer et suspendre un objet
L’objet mis sous cadre doit être dans le meilleur état possible : ne comptez pas sur l’encadrement pour rattraper des défauts, même avec un passe partout. Effectuez donc d’abord les petites restaurations qui paraissent nécessaires.
Encadrer un objet
La mise en place de l’objet dans son cadre dépend de sa nature et de celle du cadre. Dans tous les cas, le jeu entre l’objet et le cadre doit être minimal, mais non pas inexistant, sauf dans le cas d’une toile tendue sur châssis.
L’assemblage du cadre s’effectue par collage, renforcé par clouage, avec montage de coins (en carton, en contreplaqué ou métalliques) sur la face arrière des angles.
- Assemblez un angle et maintenez le dans une presse d’angle jusqu’à séchage complet de la colle.
- Vérifiez l’équerrage, présentez les deux autres côtés et revérifiez les dimensions avant de terminer le collage des trois derniers angles.
- Après séchage complet, renforcez les angles par clouage à l’aide de pointes tête homme, sur les côtés supérieur et inférieur.
- Masquez complètement la tête des pointes en les enfonçant au chasse-clous, puis en mastiquant.
Le montage d’un châssis s’effectue soit par clouage, soit par de petits ressorts en lyre appelés "tournettes".
- Recouvrez la ligne d’appui entre l’intérieur du cadre et l’extérieur du châssis avec une bande de papier kraft gommé évitez le papier autocollant, qui ne peut s’enlever sans abîmer l’œuvre encadrée.
- Les tournettes dispensent de la bande de masquage et simplifient le démontage du châssis.
Mettre sous verre
La technique du sous-verre s’applique plus particulièrement à toutes les œuvres qui craignent l’exposition à l’air et à la poussière, comme les gravures, les aquarelles, les pastels et les photographies.
Le cadre d’un sous-verre se confectionne comme celui destiné à recevoir une œuvre sur châssis.
- Pour la suspension, tenez compte du poids du verre.
- La rigidité du cadre est plus critique que pour celui destiné à encadrer un châssis qui participe à la tenue de l’ensemble.
Le passe-partout doit être réalisé comme "un cadre dans un cadre", donc avec le même soin que l’encadrement.
- L’effet décoratif dépend donc à la fois de la nature de l’œuvre encadrée et du style du cadre : un passe-partout large, dans un cadre banal, peut donner beaucoup de relief à un lavis ou une sanguine à fond perdu.
- Les largeurs courantes sont de 5 à 8 cm pour les passe partout étroits et de 10 à 15 cm pour les décors larges, mais toute autre dimension permet d’obtenir un effet spécial.
- L’épaisseur dépend d’abord de la surface du sous-verre : un cadre trop mince derrière une vitre assez importante risque de laisser le milieu de l’œuvre toucher l’intérieur du verre.
- À partir de 4 mm d’épaisseur, le passe-partout doit être biseauté ; il renforce alors l’effet optique de profondeur.
- Un double passe-partout qui superpose deux cadres d’épaisseurs différentes, celui du dessus au moins étant biseauté, élargit l’espace autour de l’œuvre et focalise mieux le regard.
- Le centrage de l’œuvre encadrée n’est pas toujours la meilleure solution : une base plus large permet, par exemple d’abriter un texte ou un titre, mais également de rééquilibrer une œuvre trop chargée en tête.
- La décoration du passe-partout peut tenir un grand rôle dans l’esthétique globale de l’encadrement. Du carton de couleur, ou à décor imprimé, met en valeur une œuvre monocolore (pointe sèche, sanguine, lavis). Une garniture de tissu collé, par exemple en ruban ou passementerie moirée, rehausse l’effet décoratif. Un passe-partout en carton blanc peut être décoré au pochoir ou au tampon avant mise sous verre.