Isoler un mur
L’isolation thermique des murs permet d’améliorer sensiblement le bilan énergétique du logement, tant pour le chauffage que pour la climatisation. Quant à l’isolation acoustique, elle permet de restituer le calme dans une habitation située en zone bruyante (près d’une autoroute ou d’une voie ferrée).
Produits et procédés
Quelques notions techniques permettent de concevoir une isolation efficace à moindre coût, en utilisant le matériau adapté à chaque situation.
Nature des isolants
Parmi la grande diversité des matériaux isolants, le choix dépend de la fonction à assurer : isolation thermique, acoustique, ou les deux. Il doit aussi être adapté à la nature et à l’orientation du mur à isoler.
Les matériaux isolants couramment employés pour isoler les murs se différentient selon leur méthode d’application.
- Les produits souples sont des mousses ou des laines synthétiques, nues ou contrecollées sur une feuille hydrofuge et thermo réfléchissante, qui se collent directement sur le mur, ou plus rarement derrière la cloison de doublage.
- Les produits semi rigides et rigides peuvent être des laines minérales, des plaques de polymère, ou encore des plaques de liège ou de fibres végétales compactées.
Les produits de doublage pour améliorer l’isolation d’un mur sont soit des éléments homogènes, pleins ou évidés, soit des éléments composites combinant deux matériaux.
- Les carreaux de plâtre permettent de réaliser des cloisons très robustes, laissant une circulation d’air sur la paroi à isoler, ce qui convient fort bien pour isoler un mur humide. Leur densité en fait par ailleurs de bons isolants acoustiques, dont l’efficacité peut être améliorée si on les pose sur une semelle en caoutchouc qui les isole des vibrations transmises par le sol.
- Les plaques de plâtre nues, généralement renforcées de fibres minérales, servent à réaliser de grandes cloisons sur une structure en bois ou en profilés métalliques. L’isolation est améliorée si on pose entre les mailles de cette structure des panneaux d’isolant rigide ou semi rigide.
- Les panneaux composites associent une plaque rigide (plâtre ou panneau de particules) et un isolant : mousse de polystyrène ou laine minérale. Ils peuvent être directement collés sur le mur, ou montés en cloison de doublage.
- Les panneaux alvéolés se composent de deux plaques de plâtre enserrant une âme en alvéoles de carton. Ils s’utilisent pour réaliser des cloisons sur ossature en bois ou profilés métalliques.
Règles de mise en oeuvre
Avant toute chose, il s’agit de bien définir l’objectif à atteindre et de connaître précisément la situation de départ. De ce double constat dépend le choix du matériau et de la technique de mise en oeuvre les plus appropriés.
L’isolation thermique consiste à réduire les pertes de chaleur : il convient donc d’abord de les évaluer, opération qui est du ressort d’un professionnel. Néanmoins, on peut retenir quelques grandes règles pour une toute première approche du problème.
- La résistance thermique d’une paroi est la somme des résistances thermiques de tous les éléments qui la composent. Les matériaux de maçonnerie (parpaings, briques, carreaux de plâtre) doivent mentionner, sur leur emballage, leur résistance thermique.
- L’interposition d’une lame d’air entre deux cloisons accroît la résistance thermique de l’ensemble. Pour un mur extérieur, elle se situe à 0,16 m2.°C/W et n’augmente guère quand l’épaisseur de la lame d’air augmente (entre 15 et 300 mm).
- La situation du mur à isoler influe sur la résistance thermique de sa face extérieure. Elle est de 0,17 m2.°C/ W pour un mur donnant sur l’extérieur ou un passage ouvert et de 0,22 m2.°C/ W pour un mur donnant sur des combles, un vide sanitaire ou un autre local.
L’isolation acoustique a pour objectif d’absorber l’énergie des ondes sonores, en fonction de leur fréquence : plus celle ci se situe dans la plage de sensibilité maximale de l’oreille humaine, plus on doit atténuer les ondes sonores.
- La capacité d’absorption des matériaux varie en fonction des fréquences. Par exemple, une cloison en briques de 5 cm d’épaisseur atténue les sons graves de 34 dB, les médiums de 40 dB et les graves de 50 dB.
- Il existe une "fréquence critique" pour chaque matériau, où son pouvoir d’atténuation s’effondre, ce qui s’avère gênant quand cette fréquence correspond à celle des bruits les plus courants. C’est le cas du béton plein qui n’atténue presque pas à 600 Hz, soit la fréquence de la conversation courante.
- La réflexion des ondes sonores par une paroi permet de renvoyer vers leur source certaines plages de fréquences : c’est le mode d’action principal des murs antibruit.
- Une cloison composite est celle qui donne les meilleurs résultats en isolation acoustique ; bien conçue, elle élimine la fréquence de coupure et son atténuation augmente proportionnellement à la fréquence. Ainsi, un mur en parpaing creux de 17 cm d’épaisseur, doublé par une cloison en briques pleines de 10 cm, avec entre les deux 5 cm de laine de verre, atténue de 58 dB les sons à 500 Hz.
Doublage direct
On améliore l’isolation thermique comme acoustique en collant sur le mur à isoler un matériau qui majore sa résistance thermique et/ou accroît l’atténuation d’une plage de fréquences.
Les films minces offrent la solution la plus simple et la plus économique.
- Les revêtements isolants homogènes se présentent soit en film souple livré en rouleaux, soit en plaques semi rigides.
- Les revêtements composites sont constitués soit de films homogènes intercalés entre des films thermo réfléchissants, soit de ouate (cellulose ou matériau de synthèse) armée de fibres de verre et chargée de particules (granulés de bois ou de liège).
- Leur mise en oeuvre n’est possible que sur un mur sain, propre et exempt d’humidité ; les films dits "hydrofuges" ne règlent pas le problème d’humidité dans le mur mais empêchent la vapeur d’eau et même le ruissellement (dans une salle de bains, par exemple) d’atteindre le mur. Commencez par dégraisser et lessiver le mur. Bouchez ensuite toutes les fissures et lissez les petites irrégularités. Enduisez le mur avec la colle préconisée par le fabricant du matériau (généralement vinylique ou acrylique), à l’aide d’une spatule crantée ou d’un rouleau peau de mouton. Posez les lés ou plaques bord à bord et marouflez avec une spatule plastique, du centre du lé ou de la plaque vers les coins, puis sur les bords.
- Leur finition consiste à recouvrir l’isolant d’un revêtement décoratif, généralement après l’avoir enduit avec un primaire d’accrochage. Simple finition décorative : peinture (acrylique ou vinylique), papier peint (à coller avec une colle vinylique). Finition apportant un complément d’isolation : liège, tissu collé ou tendu.
Les bandes et plaques épaisses apportent une isolation plus poussée et peuvent se poser sur un mur relativement dégradé, solution particulièrement intéressante pour les combles, garages, débarras, etc.
- La laine minérale double densité associe isolation thermique et acoustique.
- Le polystyrène expansé est économique, et sa légèreté facilite sa pose. Pour obtenir une isolation acoustique satisfaisante, il est recommandé de l’associer à un matériau plus dense (laine minérale compactée, plâtre, panneau de particules, liège).
- La pose des produits épais s’effectue par collage en plots, au ciment colle.
- Leur finition ne peut s’effectuer par revêtement direct.
Couverture par une cloison de doublage légère (en panneau de particules ou plaques de plâtre), à peindre ou tapisser.
Pose de tissu tendu sur baguettes à picots.
Le doublage
Le doublage du mur est un travail important qui nécessite du temps et souvent une aide pour la manutention.
Les plaques composites constituent un compromis intéressant entre efficacité combinée thermique + acoustique et facilité de pose.
- La combinaison laine de roche sous plâtre est la plus efficace et sa mise en place s’effectue sur une ossature en tasseaux ou en profilés métalliques.
- Le composite polystyrène sous plâtre est le plus facile à installer pour un bricoleur. On peut renforcer son efficacité en revêtant au préalable le mur à isoler d’un produit en film mince.
La cloison de doublage, avec lame d’air, est une solution très efficace, mais qui nécessite un travail relativement important.
- Les carreaux de plâtre demandant un minimum de connaissances en maçonnerie plâtrerie sont plutôt réservés aux grosses opérations de rénovation.
- Les plaques de plâtre à visser sur ossature offrent une solution simple, avec une très bonne finition.
- Le remplissage de l’espace mur/cloison avec un isolant en vrac (flocons de polystyrène, nodules de laine minérale) accroît sensiblement l’isolation.